PAPR : Pêche à pied récréative "Côtes du Bessin"
2019-2021
La pêche à pied de loisir est l’une des activités les plus pratiquées sur le littoral français (par environ 1,7 million de personnes selon l’étude de l’Ifremer et de l’Institut BVA en 2008).
Elle occupe une position centrale dans les stratégies de développement local pour deux raisons au moins. D’une part, parce qu’elle mobilise des savoirs et des savoir-faire hérités qui s’intègrent dans le patrimoine maritime régional : aucun habitant de cette frange littorale ne se désintéresse de la question, pour des raisons personnelles ou familiales. Ensuite, parce qu’elle est pratiquée en nombre par des populations diverses (touristes, résidents secondaires, spécialistes de régions limitrophes).
De plus, elle participe à l’offre globale de services de trois manières différentes : comme activité appréciée et recherchée ; par l’espace de liberté que représente l’estran ou les eaux côtières ; et par le lien qu’elle permet à l’homme d’entretenir avec la nature.
Une pression de pêche élevée associée à de mauvaises pratiques peut être à l’origine de la dégradation du milieu littoral, de la raréfaction de la ressource – qui peut être identifiée à une perte patrimoniale (biodiversité) – et à une perte d’attractivité du territoire (économie, qualité de vie). Dans cette situation, deux évolutions sont à redouter : l’émergence de conflits d’intérêt et d’usage entre les acteurs (développement / préservation) et/ou entre les usagers (locaux / touristes, professionnels / amateurs) ; ou le maintien d’une situation d’exploitation intensive et non régulée de la ressource qui pourrait engendrer à terme sa dégradation permanente.
D’un premier abord relativement anodin, ce loisir n’est pas sans conséquence sur le milieu. Il pose notamment 6 types de problèmes :
- le mauvais respect des tailles minimales réglementaires de capture ;
- le gaspillage (par surplus de pêche, mauvaises préparations) ;
- la dégradation physique des milieux (retournements de pierres, labourage d’estrans meubles) ;
- le non-respect des concessions (parcs à huîtres, bouchots, écluses à poissons) ;
- dans certains endroits un risque sanitaire mal pris en compte ;
- une perte de patrimoine (savoir-faire ancestraux, connaissances du milieu, outils…).
- Face à ce constat, deux associations, le CPIE Marennes-Oléron et VivArmor Nature, ont développé un projet d’envergure nationale ayant pour objectif de favoriser le développement d’une pêche à pied récréative durable, dans le but de préserver les ressources des estrans : le programme LIFE+ « Pêche à pied de loisir » (PAPL).
S’ils n’étaient pas associés sur le plan administratif au programme LIFE PAPL, le CPIE Vallée de l’Orne et le GEMEL-Normandie ont développé des échanges étroits avec les structures parties prenantes de ce programme LIFE+, et sont associés aux rencontres et comités de pilotage.
Le CPIE et le GEMEL-N ont ainsi pu s’appuyer sur l’ensemble des éléments décrits précédemment afin de mettre en œuvre ces mêmes actions dans le Calvados grâce à la mobilisation de partenaires institutionnels locaux et régionaux : AESN, Région Basse-Normandie, Département du Calvados, ARS, Caen La Mer, CdC Cœur de Nacre.
Les actions de terrain du Programme « Pêche à pied récréative » ont ainsi pu débuter effectivement dès 2013, avant même celles prévues sur les 11 territoires pilotes du LIFE+.
Un programme « Pêche à pied récréative » déjà développé sur la Côte de Nacre puis sur la Côte Fleurie
Ainsi, le GEMEL-Normandie a pu mener plusieurs études lors de ce nouveau programme triennal :
a) Sur les populations d’étrilles de la côte de Nacre
– Une étude bibliographique sur l’étrille, Necora puber et la pression de pêche
– Une étude des populations d’étrilles de la côte de Nacre, au niveau de la RNN des falaises de Cap Romain
– Des comptages de pêcheurs à pied d’étrilles au niveau de la RNN des falaises de Cap Romain afin de quantifier la pression de pêche
b) Sur les habitats naturels des estrans du Bessin
– Une cartographie des habitats benthiques du site Géfosse-Fontenay (substrats meubles)
– Une cartographie de l’estran rocheux du Bessin Port-en-Bessin. Une cartographie des habitats de sites de Sainte-Honorine-des-Pertes et Grandcamp-Maisy ayant été réalisée en 2020.
c) Sur les habitats naturels des estrans de la Côte Fleurie
– Mise à jour de la cartographie des habitats sur les estrans meubles
d) Sur les habitats naturels des estrans de la Côte de Nacre
– Mise à jour de la cartographie des habitats sur les estrans rocheux
Mots clés : Pêche à pied récréative, LIFE PAPL, cartographie, étrilles, pression de pêche
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